Interview de blogeurs voyageurs : voyager avec Anick-Marie, la globestoppeuse

par • 7 septembre 2012 • Interviews d'expatriésCommentaires (7)2676

Istanbul. Je rejoins la nuit tombée un bar qui se trouve, comme beaucoup dans le quartier de Beyoglu, perdu dans les étages d’un immeuble donnant sur la rue. Je viens passer la soirée en compagnie d’autres Couch Surfers, comme moi, venus étancher leur soif de rencontres, échanges et anecdotes de voyages et de voyageurs. Au hasard d’une conversation, je fais la connaissance d’Anick-Marie. Nous échangeons longuement sur le Couch Surfing, ses valeurs, ses représentants « les ambassadeurs » et bien sur les voyages. Nous garderons contact grâce à la magie des réseaux sociaux. Et c’est la que j’ai découvert la très riche expérience d’Anick-Marie, globe trotteuse et globe stoppeuse. Elle a parcouru le monde, en stop et souvent seule, et propose aujourd’hui de partager cette expérience dans la La bible du grand voyageur, co-écrit avec Guillaume Charroin et  Nans Thomassey (oui oui, le même que dans Nus et Culottés !) paru il y’a quelques jours chez Lonely Planet.

Bonjour Anick-Marie, est-ce que tu peux te présenter avec ton blog en quelques mots et nous dire comment tu en es venue à co-écrire ce livre ?

Bonjour ! Je suis Québécoise, j’ai 31 ans et je suis nomade depuis près de 10 ans. J’ai parcouru environ 110 000 km en auto-stop et il m’en reste des milliers d’autres à parcourir. Pendant deux ans, j’ai été bénévole pour l’équipe sécurité de CouchSurfing et j’ai dormi sur quelques centaines de canapés. J’aime penser latéralement, marcher pieds nus, fouiller dans les poubelles et sourire à des inconnus.

Fondé en février 2011, Globestoppeuse s’adresse à tous ceux qui s’intéressent au voyage alternatif. C’est un blog d’actualités de l’auto-stop, de techniques du voyage alternatif et de critique de récits de voyages publiés. L’emphase est mise sur la qualité du contenu, souvent inédit, plutôt que sur la régularité des messages. On y retrouve aussi un courrier des lectrices et, sur Scoop.it une revue de presse sur l’auto-stop. Je ne m’adresse pas qu’aux femmes, mais je leur porte une attention particulière, car elles sont souvent découragées de voyager différemment.

À l’origine, j’ai démarré Globestoppeuse pour avoir une vitrine francophone sur la toile. Quand je t’ai rencontré, je n’écrivais qu’en anglais. En janvier 2010, j’ai été contactée par deux voyageurs bien culottés, Nans et Guillaume, qui avaient entendu parler de mon projet un guide/essai sur l’auto-stop au féminin. Ils avaient en tête un projet de guide/recueil de récits pour les néo-nomades, répertoriant toutes les techniques du voyage alternatif. Nous avons travaillé le concept et c’est ainsi que nous avons commencé le processus d’écriture, à la fois nourrissant et frustrant, pénible et exaltant, mais surtout, une expérience de longue haleine extraordinaire avec une équipe du tonnerre !

La bible du grand voyageur, y’a vraiment tout la-dedans ? Tu peux nous en dire plus ?

Le guide couvre tout un éventail de techniques pouvant être utilisées par les voyageurs en quête d’alternatives au tourisme de masse. Nous avons mis l’emphase non pas sur des régions du monde comme les guides traditionnels, mais sur des savoirs, des manières de procéder sans lésiner sur la sécurité et les considérations légales. Il faut le voir comme une boîte à outils des baroudeurs, une palette de façons possibles de voyager. Il y a des techniques plus accessibles comme la marche, le covoiturage, l’échange de maison ou le voyage en cargo, mais aussi des plus inusitées comme l’avion-stop, le glanage et le camping urbain, l’hébergement spontané chez l’habitant. Tant le néophyte que le vadrouilleur confirmé y retrouveront leur compte.

Autant de voyages, tu en as vu du pays. Quelles sont tes 3 destinations favorites et pourquoi ?

J’ai un coup de coeur pour la Turquie où nous nous sommes rencontrés : pays de culture, musiques envoûtantes, nourriture succulente, accueil incomparable, paysages sublimes.

Je vis un amour à distance avec l’Écosse qui a su me garder près d’elle un an. Quand j’y retourne, je suis à la maison. La franchise directe et l’humour des gens, le cosmopolitisme et la grandeur médiévale d’Édimbourg, la douceur des collines aux flancs de bruyère, l’immensité du ciel et la météo capricieuse et colérique.

La France est cette vieille amante à laquelle je reviens toujours et qui ne cesse de m’impressionner, avec laquelle je me prends la tête et je déchaîne mes passions. Elle a tellement de facettes que je le redécouvre à chaque passage !

Le voyage, c’est aussi des rencontres, est-ce qu’il y’en qui t’ont marqué ?

Je voue une admiration sans borne à mes co-auteurs Nans Thomasssey et Guillaume Charroin et des voyageurs comme Ludovic Hubler et Guillaume Mouton. On voit sur petit écran l’aspect ludique et formaté de leur démarche (NLDR : Nus et culottés), mais il y a un travail énorme de recherche, d’analyse et d’évaluation : ils cherchent à redéfinir le voyage utile, à faire en sorte que le voyage soit un échange équitable et qu’il bénéficie autant au voyageur qu’à celui qu’il rencontre, qu’à ceux qui l’accueillent. Ludovic Hubler est dans une démarche similaire avec Travel With A Mission, son projet de portail visant à mettre en lien des voyageurs dans une démarche éducative (conférences, ateliers) avec des contacts sur le terrain, histoire de rencontrer plus de gens, de les inspirer à la coopération internationale et de leur offrir un contact avec le monde hors de leur pays. C’est un projet de longue haleine, ça prend énormément de temps et d’énergie avant de voir les fruits de tous ces efforts…

Tout aussi marquante, une rencontre plus récente s’accorde au féminin : l’auteure et aventurière Anne Bécel m’inspire à chaque rencontre. Elle me prouve qu’il reste toujours de l’inexploré, de l’inaccompli, mais aussi qu’il y a des la place pour les baroudeuses radicales sur la route. Elle lance bientôt son blog, je suis impatiente. J’espère collaborer avec elle dans l’avenir.

Plus de 100 000 km en autostop ! Waouw ! Tu animes également des conférences sur le voyage solo au féminin… Quels seraient les 3 principaux conseils que tu donnerais à une fille qui veut partir (seule) en voyage (en autostop) ?

On trouve mes 5 meilleurs conseils en détail sur Moi, mes souliers : rencontrer d’autres voyageuses, se préparer mentalement, faire preuve d’assurance, étendre progressivement sa zone de confort et oser demander de l’aide.

J’ai vu quelques messages passer sur Twitter et sur ton blog au sujet de ton projet Sun Trip… Ttu peux nous en dire plus ? D’autres projets également ?

Le Sun Trip est une course-raid imaginée par Florian Bailly (Sur la route du Soleil Levant) qui consiste à parcourir environ 7500 km en vélo à assistance électrique rechargé par l’énergie solaire. Au départ de l’INES en Savoie, les participants empruntent l’itinéraire qui leur  plaît en direction d’Astana au Kazakhstan, avec une seule étape obligatoire à Sotchi, ville-hôte des prochains Jeux Olympiques d’hiver, en Russie. Il vous sera possible de suivre l’avancement des équipes en direct, à l’aide d’une balise GPS. C’est à la fois une course (les plus rapides seront récompensés), mais aussi un défi technologique puisqu’il faut concevoir les vélos, les financer, etc. Surtout, le Sun Trip comporte un volet « e-baroudeur » où les blogs des participants seront évalués par un jury d’écrivains-voyageurs et par le public. C’est une opportunité pour moi de faire d’une pierre… beaucoup de coups ! Quoi de plus alternatif comme voyage qu’un vélo solaire ? J’ai peu d’expérience à vélo donc c’est un apprentissage, tout comme le Russe dont je ne connais pas un traître mot, l’électronique… Et une belle façon de faire ma marque dans le récit de voyage, une forme d’écriture où j’ai encore peu produit.

Je suis auteure chez Lonely Planet sur différents projets, mais je poursuis aussi des études d’anthropologie à temps partiel. J’espère trouver le temps de me ressourcer sur un petit aller-retour de 10,000 km en stop cet hiver, Montréal-Yellowknife, dans le grand nord.

Un dernier petit mot pour la fin ?

Vivre selon mes valeurs et idéaux est le meilleur choix que j’aie fait de toute ma vie. Ce n’est pas une voie facile et il faut travailler dur, mais je ne le regrette jamais et le souhaite à tous.

Merci beaucoup Anick-Marie d’avoir pris le temps de répondre à ces questions et partager tes expériences. Je crois qu’on a de la lecture maintenant :-) et plein d’idées pour voyager différemment !

Et vous ça vous inspire ?

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7 commentaires ⇒ Interview de blogeurs voyageurs : voyager avec Anick-Marie, la globestoppeuse

  1. Benjamin dit :

    Ah je ne fais que d’entendre parler de ce livre en bien ! Je crois que le moment est venu de passer à l’achat :)

  2. Patoch dit :

    Très bel article ! Je pense que je vais aussi me laisser séduire par le livre :)

  3. fabrice dit :

    Sacrée voyageuse cette Annick-Marie:-)

  4. Tanned-voyage dit :

    Le livre a l’air plutôt sympa, et merci d’en avoir fait la promotion car ça me donne un peu plus envie d’aventures!

  5. Irène dit :

    Les voyages au Brésil m’ont appris à découvrir des communautés oubliées, celle de seringueiros en Amazonie.
    J’ai créé un blog
    http://izidon.unblog.fr
    et plus récemment un site de vente d’artianat du Brésil, respectueux de l’environnement.
    http://www.miquinhos.com
    Merci de votre visite

  6. sponso dit :

    Le livre la bible du grand voyageur m’a beaucoup aidé pour réfléchir sur le voyage et je me suis lancé dans l’aventure qui va commencer dans 3 mois! Merci à Anick-Marie!

  7. [...] de chance, nous avons pu aussi échanger avec Anick-Marie, la globestoppeuse et maintenant suntrotteuse . Anick-Marie, d’origine canadienne, était justement à [...]

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