07 mar
ClémentInterviews d'expatriés, Sénégal
On continue avec nos escapades aux bouts du monde. Destination Fatick an Sénégal que j’ai découvert tout simplement via mon blog et un premier message de Laura. J’ai tout de suite senti que ce blog ferait partie de la liste des interviews de blogueurs voyageurs. L’occasion de vous faire découvrir une région méconnue, un pays lointain, une culture et de traditions qui vous emmèneront loin de votre bureau et de votre ordinateur… J’ai tout de suite aimé le projet que porte Laura et les détails qu’offre son blog… Alors pour découvrir Fatick, j’ai posé 10 questions à Laura pour dresser le portrait de ce coin du bout du monde…
Avant de commencer le questionnaire proprement dit, est-ce que tu peux présenter ton blog (et ton projet) en quelques mots ?
Il y a quelques mois je suis arrivée à Fatick pour effectuer mon stage de fin d’études. J’ai alors décidé de créer ce carnet de voyage pour deux raisons. La première, commune à tous les voyageurs : permettre à mes proches de me suivre. La seconde s’inscrivait dans le cadre de mes missions de stage qui étaient d’assurer la promotion et la communication touristique de la région. Grâce à ce carnet les internautes pourraient découvrir la région d’une autre façon que sur des sites institutionnels.
J’y décris ce que je vis, ce que je vois, ce que je ressens, tout en donnant quelques conseils aux personnes qui seraient intéressées pour venir découvrir cette magnifique région et rencontrer ses habitants qui sont d’une gentillesse étonnante.
Mon stage est aujourd’hui terminé mais l’aventure à Fatick, elle, ne l’est pas puisqu’on m’a proposé de revenir travailler sur le projet ! Une fois qu’on a mis les pieds dans ce pays on ne peut plus s’en détacher !

1. Ton mot préféré ?
« Maa ngi fi rekk » (wolof) qui veut dire « ça va bien » parce qu’au Sénégal malgré les problèmes qu’il peut y avoir tout va toujours bien et rien n’est grave. Il n’y a plus d’électricité, c’est pas grave, plus d’eau, ça va revenir, il n’y a plus Internet, on va prendre un café, tu es malade, ça va passer, la voiture démarre plus, on va la pousser… Les sénégalais sont très zen alors… maa ngi fi rekk.
2. Le mot que tu détestes ?
Ce n’est pas un mot mais plutôt une sorte d’interjection mais je la déteste tellement que ça devrait passer : psssssssstttttt ! Au Sénégal on l’entend à tous les coins de rues, c’est une façon d’accoster les gens. On ne vous dit pas « Excusez moi vous avez besoin d’un taxi », mais « Psssssssstttttt taxi ? ».
3. Un détail qui te mets particulièrement en joie, t’amuses ?
Les salutations qui se font tout au long de la journée et qui ressemblent à ça : « Ca va ? Ca va bien ? Et la petite matinée ? Et la chaleur ? Et les moustiques ? Et la famille ? … ».
4. Un détail qui te démotives, t’agaces, te déplait ?
Le fait d’être blanc a parfois de mauvais côtés. Par exemple les sénégalais travaillant dans des boutiques de souvenirs vous voient souvent comme un porte-monnaie ambulant et vous suivent parfois sur des dizaines de mètres pour vous vendre ce qu’ils ont, ce qui est assez agaçant lorsqu’on est dans un pays pour y travailler et pas forcément pour y jouer les touristes.
5. Le son, le bruit que tu aimes ?
Le son de l’appel à la prière par l’imam. Même si je comprends bien sûr pas ce qui est dit je trouve ce son très mélodieux.
6. Le son, le bruit que tu détestes ?
Le bruit des chèvres, cochons, coq, oiseaux et autres animaux qui vous réveillent très tôt le matin. Il y en a qui avaient apparemment élu domicile sous ma fenêtre. Dans la journée ça ne me pose aucun soucis mais s’il vous plaît les animaux, pas le matin…
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
Je n’en ai appris aucun en wolof…
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Léopold Sédar Senghor (qui est originaire de la région de Fatick), premier président de la République du Sénégal, écrivain et poète. Un symbole et une référence pour tous les sénégalais.
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Créer des voyages pour le compte d’un tour opérateur avec pour fil conducteur l’écotourisme, le tourisme solidaire et équitable afin que les populations locales puissent bénéficier des retombées du tourisme.
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Coupeuse d’herbe pendant la saison des pluies ! A cette période l’herbe envahit les jardins en quelques jours, il faut donc couper toutes ces herbes sous un petit 45° en plein soleil… Non il ne fait pas moins chaud lors de la saison des pluies, il fait juste plus lourd. Un jour un jeune est venu couper l’herbe à la maison dans laquelle je vivais, bien sur j’ai voulu lui proposer à boire mais je me suis vite ravisée : c’était le ramadan !
Merci à Laura pour sa participation et bon voyages à tous ! Si vous souhaitez partager votre passion pour un lieu, une ville danslaquelle vous êtes expatrié, faites comme Laura et écrivez-moi à clement@blog-boutsdumonde.fr !
22 jan
ClémentInterviews d'expatriés
Encore une interview d’expatriée pour compléter cette catégorie du blog… Aujourd’hui, c’est avec grand plaisir que j’accueille Alix Maubrey, fraichement rentrée de l’autre côté de l’atlantique, des envies de nature et des rêves plein la tête qu’elle m’a montré à travers ses pinceaux et ses crayons. J’ai eu l’occasion de rencontrer Alix lors de la dernière édition du rendez-vous des carnets de voyages de Clermont-Ferrand (dont je vous dois un compte rendu…). Après 3 ans passés à Brooklyn, Alix a tiré le portrait de ce quartier new-yorkais et s’est faite remarquer en décrochant la 3ème place du concours Libération-APAJ en 2012 avec ses Bulles de Brooklyn !
C’est avec quelques mots et expressions bien d’là-bas qu’elle a gentiment accepté de nous faire un petit portrait de Brooklyn et de ses habitants, en répondant aux 10 questions du questionnaire de Pivot.
Avant de commencer le questionnaire proprement dit, est-ce que tu peux présenter ton blog en quelques mots ?
A frog In Zoo York est un blog que j’ai commencé en 2010, en arrivant à New York. C’était une façon pour moi de partager mes impressions dans cette nouvelle vie + ville avec mes proches, mais aussi une manière de me pousser à créer quelque chose régulièrement. Le nom « a frog« , la grenouille, fait référence au surnom des français donné par les anglais et « Zoo », évoque la jungle urbaine new-yorkaise. Aujourd’hui, je ne le mets plus à jour régulièrement, il tient plutôt le rôle de plateforme pour partager quelques projets, mais j’aimerai en commencer un autre ! … Peut-être sur des observations et questions environnementales…
1. Ton mot préféré ?
« Badass ». Traduction : « mauvais cul ». Pour désigner quelqu’un ou quelque chose de vraiment vraiment cool. Les mots anglais négatifs qui indiquent quelque chose de positif sont rares, alors ils sont précieux. Et au niveau de la sonorité, c’est tout aussi « badass » à prononcer.
2. Le mot que tu détestes ?
« Awesome ». Parce que ça met tout au même niveau de supergénialité… Du coup, tout est tout de suite « awesome » et puisqu’il n’y a pas beaucoup de termes pour désigner différents degrés d’appréciation, ça rend un bon nombre de choses plus positives qu’elles ne le sont, d’où la culture ultra-positive américaine ? Et ça me déprime encore plus depuis que j’ai commencé à l’employer….
3. Un détail qui te mets particulièrement en joie, t’amuses ?
Les « stoops« ! Lieux de rencontre des habitants et voisins dans le quartier ! Stoop : palier, escalier devant les maisons. Surtout l’été, ça permet d’interagir plus naturellement, on se voit, on s’observe, on se salue, certains mettent de la musique aux fenêtres pour partager avec la rue entière… Quelques fois ça ne plaît pas à tout le monde, mais au moins le dialogue est ouvert. Du coup, plus de gens se connaissent dans le coin, des liens se tissent, une vraie vie de quartier animée et humaine…
4. Un détail qui te démotives, t’agaces, te déplait ?
Une action : ce geste quasi-automatique de la main qui jette un gobelet en papier à la poubelle !! Il y en a un nombre hallucinant chaque jour à New York où la culture des plats et boissons à emporter est inhérente. Les poubelles débordent sur le trottoir et ces déchets finissent par empoisonner la terre, les nappes phréatiques, les mers et les êtres vivants, mais personne ne semble concerné… Chaque soir, les poubelles sont évacuées de la ville, hors de vue, oubliées et le même geste se reproduit des millions de fois le lendemain…
5. Le son, le bruit que tu aimes ?
Le cri libéré des mouettes! Ca nous rappelle que la mer n’est pas très loin (en vélo, il faut à peine 1h30 de Brooklyn jusqu’à la plage, selon le point de départ), même si les bâtiments et le béton qui nous encerclent font croire à une autre réalité…
6. Le son, le bruit que tu détestes ?
Le vacarme infernal du métro sur le pont de Manhattan (un des trois ponts qui lient Brooklyn à Manhattan). Il y a une piste cyclable et piétonne à côté des rails et une superbe vue sur la rivière et le pont de Brooklyn, mais impossible de s’y promener tranquillement. C’est dommage, mais en fait ça ajoute aussi quelque chose au charme de New York, avec son côté industriel et cru.
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
« Nincampoop » !! Pour désigner quelqu’un de débile ou une action stupide. Un mot que j’ai appris bien trop tard (plus de 4 ans passés dans l’ignorance de son existence, privée du plaisir de le prononcer…). A la fois si dégoutant, à cause de la référence fécale, et si attendrissant/enfantin dans sa sonorité.
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Hattie Carthan, une femme de mon quartier ! C’était une activiste et pionnière en matière d’environnement, née dans le quartier de Bedford-Stuyvesant à Brooklyn en 1900. En constatant la détérioration de son quartier, elle s’est mise à replanter des arbres et entre autres, participa à fonder les Guerrillas Vertes – qui ont conduit au mouvement des jardins communautaires dans les années 70 – ainsi que le programme « Tree Corps » pour offrir l’opportunité aux jeunes d’apprendre à prendre soin des arbres.
Alors que Hattie était une des sources du mouvement de protection des espaces verts à New York, j’ignorais totalement son existence !… Jusqu’à ce que je commence à m’impliquer dans un jardin communautaire près de chez moi, qui porte aujourd’hui son nom (Hattie Cathan Community Market).
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Créatrice d’étincelles peut-être? Ne pas mettre le feu non plus, mais juste semer un peu de chaleur et de paillettes autour… Et si possible, que ce métier soit contagieux…
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Pompier (d’étincelles) .
Retrouvez donc Alix et ses pérégrinations crayonnées sur son Tumblr et très bientôt dans le livre « Portraits d’ailleurs, carnets de jeunes voyageurs » à paraitre en mars 2013 chez Riveneuve Editions.
12 oct
ClémentInterviews d'expatriés, Suisse
Le voyage commence peut être pour vous comme pour moi au pied de votre immeuble ou sur le pas de votre porte. Inutile de partir au fin fond d’un pays aux régions imprononçables pour voyager. De l’aure côté des Alpes, vous trouverez la Suisse et toute sa culture. Aussi, je suis très content de vous faire découvrir une destination méconnue et pourtant tout à fait accessible à quelques encablures de notre France. Pour vous guider cette petite visite, j’ai demandé à Laurène du blog Carnets d’escapades de nous brosser un petit portrait de son pays d’expatriation.

Avant de commencer le questionnaire proprement dit, est-ce que tu peux présenter ton blog en quelques mots ?
Avec plaisir ! Mon blog s’appelle Carnet d’escapades. En effet, faire une escapade, c’est « s’échapper un temps de la vie quotidienne ». Cela correspond bien à ce que j’aime : des moments d’évasion, qui peuvent être plus ou moins longs, plus ou moins lointains, mais toujours agréables !
Française expatriée en Suisse, je poste beaucoup sur mon pays d’adoption, que je découvre jour après jour, mais également sur mes voyages en général…
1. Ton mot préféré ?
« Grüezi« , mot suisse allemand qui signifie bonjour. Je l’adore car c’est un des seuls mots que je connais : il me donne donc l’impression d’être super intégrée lorsque je le prononce ! Le problème commence quand, devant tant d’aisance, les gens enchaînent alors en suisse allemand… Je suis alors obligée de m’avouer vaincue !
2. Le mot que tu détestes ?
« Chuchichäschtli« , mot suisse allemand imprononçable que les suisses s’amusent volontiers à faire prononcer aux étrangers… Rire assuré
! Bon, en même temps ça veut dire « petit placard de cuisine »… On a vu plus utile !
3. Un détail qui te mets particulièrement en joie, t’amuses ?
L’ambiance de la gare de Zürich le week-end, de bon matin. En été, familles et groupes d’amis en chaussures de randonnée et sac à dos. En hiver, les gens qui se baladent en chaussures de ski, les skis sur l’épaule ou la luge à la main… Je me sens en vacances tous les week-ends !
4. Un détail qui te démotives, t’agaces, te déplait ?
Il y a peu de temps, je me suis retrouvée à une soirée avec des suisses, parlant donc… Suisse allemand. A un moment, ils se marrent et m’expliquent qu’ils essayent mutuellement de deviner d’où ils sont en Suisse, car leur dialecte est vraiment différent… L’existence du dialecte me rendait déjà la vie un peu compliquée, mais le fait qu’il y en ait plusieurs variantes me semble insurmontable… Dans ces cas-là, je me dis que je n’arriverai jamais à m’intégrer complètement à cause de la barrière de la langue !
5. Le son, le bruit que tu aimes ?
Les cloches des vaches lors des promenades en montagne… Très cliché, mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir apaisée par ce son. Je sais alors que j’ai fait le bon choix en venant ici !
6. Le son, le bruit que tu détestes ?
Le crissement des freins des tramways, lorsqu’ils manquent de se prendre une voiture ou autre… Associé à une sonnerie stridente qui prévient l’audacieux qu’il ferait bien de dégager des rails, c’est sans doute efficace mais douloureux pour les tympans !
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
« Scheisse » (Merde) ! Courant, simple et efficace !
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Rudolf Läderach, fondateur de la chocolaterie suisse du même nom. J’ai découvert leur chocolat en arrivant à Zürich, et le place en première place de tous les chocolats que j’ai jamais goûtés ! Et pourtant, j’en ai testé beaucoup, vous pouvez me croire… (NLDR : petit appel du pied à notre chère foodista Mathilde Dewilde
)
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Travailler pour Suisse Tourisme, l’office de tourisme suisse. Il y a tant de belles choses à promouvoir dans ce pays ! Bon, du coup, je le fais à ma petite échelle, via mon blog… Le tout, c’est de participer !
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Accrocher les décorations du sapin de Noël Swarovski, qui est installé tous les ans dans le hall de la gare centrale de Zürich. Que des décorations en cristal hors de prix à suspendre, c’est trop de pression…
Merci à Laurène d’avoir participé à ce portrait de la Suisse ! Ca vous donne envie d’aller y jeter un oeil peut être ?
07 sept
ClémentInterviews d'expatriés
Istanbul. Je rejoins la nuit tombée un bar qui se trouve, comme beaucoup dans le quartier de Beyoglu, perdu dans les étages d’un immeuble donnant sur la rue. Je viens passer la soirée en compagnie d’autres Couch Surfers, comme moi, venus étancher leur soif de rencontres, échanges et anecdotes de voyages et de voyageurs. Au hasard d’une conversation, je fais la connaissance d’Anick-Marie. Nous échangeons longuement sur le Couch Surfing, ses valeurs, ses représentants « les ambassadeurs » et bien sur les voyages. Nous garderons contact grâce à la magie des réseaux sociaux. Et c’est la que j’ai découvert la très riche expérience d’Anick-Marie, globe trotteuse et globe stoppeuse. Elle a parcouru le monde, en stop et souvent seule, et propose aujourd’hui de partager cette expérience dans la La bible du grand voyageur
, co-écrit avec Guillaume Charroin et Nans Thomassey (oui oui, le même que dans Nus et Culottés !) paru il y’a quelques jours chez Lonely Planet.

Bonjour Anick-Marie, est-ce que tu peux te présenter avec ton blog en quelques mots et nous dire comment tu en es venue à co-écrire ce livre ?
Bonjour ! Je suis Québécoise, j’ai 31 ans et je suis nomade depuis près de 10 ans. J’ai parcouru environ 110 000 km en auto-stop et il m’en reste des milliers d’autres à parcourir. Pendant deux ans, j’ai été bénévole pour l’équipe sécurité de CouchSurfing et j’ai dormi sur quelques centaines de canapés. J’aime penser latéralement, marcher pieds nus, fouiller dans les poubelles et sourire à des inconnus.
Fondé en février 2011, Globestoppeuse s’adresse à tous ceux qui s’intéressent au voyage alternatif. C’est un blog d’actualités de l’auto-stop, de techniques du voyage alternatif et de critique de récits de voyages publiés. L’emphase est mise sur la qualité du contenu, souvent inédit, plutôt que sur la régularité des messages. On y retrouve aussi un courrier des lectrices et, sur Scoop.it une revue de presse sur l’auto-stop. Je ne m’adresse pas qu’aux femmes, mais je leur porte une attention particulière, car elles sont souvent découragées de voyager différemment.
À l’origine, j’ai démarré Globestoppeuse pour avoir une vitrine francophone sur la toile. Quand je t’ai rencontré, je n’écrivais qu’en anglais. En janvier 2010, j’ai été contactée par deux voyageurs bien culottés, Nans et Guillaume, qui avaient entendu parler de mon projet un guide/essai sur l’auto-stop au féminin. Ils avaient en tête un projet de guide/recueil de récits pour les néo-nomades, répertoriant toutes les techniques du voyage alternatif. Nous avons travaillé le concept et c’est ainsi que nous avons commencé le processus d’écriture, à la fois nourrissant et frustrant, pénible et exaltant, mais surtout, une expérience de longue haleine extraordinaire avec une équipe du tonnerre !
La bible du grand voyageur, y’a vraiment tout la-dedans ? Tu peux nous en dire plus ?
Le guide couvre tout un éventail de techniques pouvant être utilisées par les voyageurs en quête d’alternatives au tourisme de masse. Nous avons mis l’emphase non pas sur des régions du monde comme les guides traditionnels, mais sur des savoirs, des manières de procéder sans lésiner sur la sécurité et les considérations légales. Il faut le voir comme une boîte à outils des baroudeurs, une palette de façons possibles de voyager. Il y a des techniques plus accessibles comme la marche, le covoiturage, l’échange de maison ou le voyage en cargo, mais aussi des plus inusitées comme l’avion-stop, le glanage et le camping urbain, l’hébergement spontané chez l’habitant. Tant le néophyte que le vadrouilleur confirmé y retrouveront leur compte.
Autant de voyages, tu en as vu du pays. Quelles sont tes 3 destinations favorites et pourquoi ?
J’ai un coup de coeur pour la Turquie où nous nous sommes rencontrés : pays de culture, musiques envoûtantes, nourriture succulente, accueil incomparable, paysages sublimes.
Je vis un amour à distance avec l’Écosse qui a su me garder près d’elle un an. Quand j’y retourne, je suis à la maison. La franchise directe et l’humour des gens, le cosmopolitisme et la grandeur médiévale d’Édimbourg, la douceur des collines aux flancs de bruyère, l’immensité du ciel et la météo capricieuse et colérique.
La France est cette vieille amante à laquelle je reviens toujours et qui ne cesse de m’impressionner, avec laquelle je me prends la tête et je déchaîne mes passions. Elle a tellement de facettes que je le redécouvre à chaque passage !
Le voyage, c’est aussi des rencontres, est-ce qu’il y’en qui t’ont marqué ?
Je voue une admiration sans borne à mes co-auteurs Nans Thomasssey et Guillaume Charroin et des voyageurs comme Ludovic Hubler et Guillaume Mouton. On voit sur petit écran l’aspect ludique et formaté de leur démarche (NLDR : Nus et culottés), mais il y a un travail énorme de recherche, d’analyse et d’évaluation : ils cherchent à redéfinir le voyage utile, à faire en sorte que le voyage soit un échange équitable et qu’il bénéficie autant au voyageur qu’à celui qu’il rencontre, qu’à ceux qui l’accueillent. Ludovic Hubler est dans une démarche similaire avec Travel With A Mission, son projet de portail visant à mettre en lien des voyageurs dans une démarche éducative (conférences, ateliers) avec des contacts sur le terrain, histoire de rencontrer plus de gens, de les inspirer à la coopération internationale et de leur offrir un contact avec le monde hors de leur pays. C’est un projet de longue haleine, ça prend énormément de temps et d’énergie avant de voir les fruits de tous ces efforts…
Tout aussi marquante, une rencontre plus récente s’accorde au féminin : l’auteure et aventurière Anne Bécel m’inspire à chaque rencontre. Elle me prouve qu’il reste toujours de l’inexploré, de l’inaccompli, mais aussi qu’il y a des la place pour les baroudeuses radicales sur la route. Elle lance bientôt son blog, je suis impatiente. J’espère collaborer avec elle dans l’avenir.
Plus de 100 000 km en autostop ! Waouw ! Tu animes également des conférences sur le voyage solo au féminin… Quels seraient les 3 principaux conseils que tu donnerais à une fille qui veut partir (seule) en voyage (en autostop) ?
On trouve mes 5 meilleurs conseils en détail sur Moi, mes souliers : rencontrer d’autres voyageuses, se préparer mentalement, faire preuve d’assurance, étendre progressivement sa zone de confort et oser demander de l’aide.
J’ai vu quelques messages passer sur Twitter et sur ton blog au sujet de ton projet Sun Trip… Ttu peux nous en dire plus ? D’autres projets également ?
Le Sun Trip est une course-raid imaginée par Florian Bailly (Sur la route du Soleil Levant) qui consiste à parcourir environ 7500 km en vélo à assistance électrique rechargé par l’énergie solaire. Au départ de l’INES en Savoie, les participants empruntent l’itinéraire qui leur plaît en direction d’Astana au Kazakhstan, avec une seule étape obligatoire à Sotchi, ville-hôte des prochains Jeux Olympiques d’hiver, en Russie. Il vous sera possible de suivre l’avancement des équipes en direct, à l’aide d’une balise GPS. C’est à la fois une course (les plus rapides seront récompensés), mais aussi un défi technologique puisqu’il faut concevoir les vélos, les financer, etc. Surtout, le Sun Trip comporte un volet « e-baroudeur » où les blogs des participants seront évalués par un jury d’écrivains-voyageurs et par le public. C’est une opportunité pour moi de faire d’une pierre… beaucoup de coups ! Quoi de plus alternatif comme voyage qu’un vélo solaire ? J’ai peu d’expérience à vélo donc c’est un apprentissage, tout comme le Russe dont je ne connais pas un traître mot, l’électronique… Et une belle façon de faire ma marque dans le récit de voyage, une forme d’écriture où j’ai encore peu produit.
Je suis auteure chez Lonely Planet sur différents projets, mais je poursuis aussi des études d’anthropologie à temps partiel. J’espère trouver le temps de me ressourcer sur un petit aller-retour de 10,000 km en stop cet hiver, Montréal-Yellowknife, dans le grand nord.
Un dernier petit mot pour la fin ?
Vivre selon mes valeurs et idéaux est le meilleur choix que j’aie fait de toute ma vie. Ce n’est pas une voie facile et il faut travailler dur, mais je ne le regrette jamais et le souhaite à tous.
Merci beaucoup Anick-Marie d’avoir pris le temps de répondre à ces questions et partager tes expériences. Je crois qu’on a de la lecture maintenant
et plein d’idées pour voyager différemment !
Et vous ça vous inspire ?
16 juil
ClémentInterviews d'expatriés, Singapour carnet de voyage olfactif, visite de singapour, visiter singapour, voyage, voyage à singapour, voyage olfactif
Pour donner suite aux premières interviews de blogueurs expatriés, je donne aujourd’hui la parole à Christa, du blog Carnet de Voyage Olfactif. Christa m’a très gentiment contacté pour me proposer de se prêter au jeu de cette interview. A la lecture de son blog, j’ai découvert tout un monde que je méconnaissais et qui pourtant est un élément clé du voyage. Christa nous rappelle que l’on voyage avec ses 5 sens et apporte une poésie toute particulière à décrire les odeurs et parfums que l’on peut rencontrer au cours de nos voyages. C’est ainsi que je lui ai proposé de faire une petite entorse à mon questionnaire de Proust adapté au voyage en proposant à Christa de remplacer un son par … Une odeur
.
Avant de commencer le questionnaire proprement dit, est-ce que tu peux présenter ton blog en quelques mots ?
Je vis à Singapour depuis plus d’un an. En arrivant en Asie, j’ai été frappée par l’omniprésence du parfum, au sens d’odeur, dans la culture et les traditions asiatiques. En étudiant de plus près les croyances et les rituels je me suis aperçue de l’importance des fleurs, des fruits et des épices, ces mêmes ingrédients qui sont pour la plupart utilisés dans la parfumerie moderne. J’ai donc décidé de partir en voyage, le nez en éveil, à la rencontre de toutes ces odeurs qui font l’Asie des Parfums et je partage mes découvertes olfactives depuis maintenant 8 mois sur mon blog Carnet de Voyage Olfactif.

1. Ton mot préféré ?
Xiāng signifiant Parfum. Son idéogramme 香 est une des clés essentielles de l’écriture chinoise classique. Le caractère Xiāng représente un arbre surmontant le soleil : une image évoquant à la fois le parfum de la vertu, la clarté, l’exemple et le développement. C’est dire l’importance et la bonne réputation du parfum en Chine et par contrecoup dans tout l’Extrême-Orient.
2. Le mot que tu détestes ?
A Singapour, presque tout le monde parle le singlish, un dialecte local mélangeant anglais, hokkien, malais et tamoul. J’ai du mal à comprendre les innombrables exclamations, pour la plupart dénuées de sens, qui parsèment les phrases: lah, mah, lor, meh, hor… Même si mon oreille commence à s’y habituer je reste toujours interloquée lorsqu’on me répond « you are welcome hor ».
3. Un détail qui te mets particulièrement en joie, t’amuses ?
Les singapouriens mangent à n’importe quelle heure. Du lever du soleil jusqu’à plus de minuit, il est toujours possible de manger dans la rue des spécialités aussi diversifiées que succulentes. Par conséquent les odeurs alimentaires viennent vous titiller les narines et vous mettent en appétit à longueur de journée.
4. Un détail qui te démotives, t’agaces, te déplait ?
L’immensité et la densité des centres commerciaux. Arborant des dimensions pharaoniques, on peut en trouver des dizaines à la suite ; bien que très impressionnants, on se retrouve vite perdu et découragé. Le week-end ou en période de vacances, les allées fourmillent de monde au point de créer des embouteillages humains.
5. L’odeur que tu aimes ?
L’encens, ce parfum mystique utilisé dans les rites religieux. C’est une odeur que l’on sent communément à Singapour mais aussi dans toute l’Asie. Dès que vous approchez d’un temple, peu importe son obédience, une même odeur d’encens, chaude et réconfortante, se fait sentir. Une superbe senteur dont je ne me lasse de m’enivrer.
6. L’odeur que tu détestes ?
Il n’y a pas d’odeur qui me révulse vraiment, chacune a sa force, elles font partie de la vie et donne une identité olfactive aux lieux.
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
Il m’est difficile de les retenir, non pas que les singapouriens en utilisent beaucoup mais ils sont dérivés des langages de chaque communauté.
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Pas un, mais des hommes et des femmes représentant les communautés malaises, chinoises et indiennes présentes à Singapour. Un peu à la manière d’une publicité Benetton pour faire ressortir la diversité ethnique et la force culturelle du pays.
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Travailler au Jardin Botanique pour profiter de la nature et observer fleurs et plantes s’épanouir chaque jour. Ce paisible havre de verdure, fait aisément oublier d’être au cœur d’une métropole de 4,5 millions d’habitants.
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Maid, ces philippines femmes de ménages/nounous/cuisinière à domicile. Au delà des tâches et de leur qualité de vie, leurs passeports peuvent être confisqués et elles se retrouvent totalement dépendantes de leur famille d’accueil. Elles élèvent les enfants des expatriés ou des riches singapouriens mais le jour où elles décident d’être enceintes, elles se retrouvent sans travail et expulsées du pays. Un statut injuste et malheureusement beaucoup trop courant.
Merci à Christa d’avoir partagé sa vision de Singapour et de l’Asie et rendez-vous sur le Carnet de Voyage Olfactif pour découvrir des voyages et des odeurs du monde !
Découvrez également d’autres interviews de blogueurs expatriés ici et n’hésitez pas à proposer votre participation à cette interview sur le Blog Bouts Du Monde !
25 juil
ClémentBlog Bouts Du Monde, Interviews d'expatriés
3 mois sans poster sur ce blog mais je pense à vous croyez-moi ! Les projets se bousculent et j’ai eu peu de temps à consacrer au blog. Je décide de repartir sur un rythme moins soutenu et plus aléatoire… En fonction des voyages, des trouvailles et des envies.
Je reçois quelques commentaires concernant les interviews de blogueurs voyageurs expatriés que nombre d’entre vous semblent apprécier. J’en ai quelques uns dans ma besace mais je vous propose de participer à cette petite aventure. Je suis sur que vous avez tous dans vos favoris, bookmarks ou groupes Facebook de petits bijoux à nous faire découvrir.
Aussi, je vous propose un petit jeu concours dont la règle est très simple : postez un commentaire sur ce post en proposant un nouveau bloggueur voyageur à découvrir. Je lui ferai parvenir le questionnaire et alimenterai la section des interviews de blogueurs avec ses réponses. Comme vous allez prendre des vacances, je vous laisse jusqu’à la fin du mois d’août pour patriciper !
A gagner : un exemplaire de la revue de carnets de voyageurs Bouts Du Monde n°6 (je sais ils en sont au numéro 7…) avec des vrais bouts du Blog Bouts Du Monde dedans (ca en fait des bouts…). Je précise que le commentaire tiré au sort fera 2 heureux : la revue sera envoyée à l’internaute ayant posté le commentaire et au blogueur sujet du commentaire. A vous de faire un heureux !

A vos bookmarks et très bonnes vacances ici ou ailleurs !
UDPATE : bon alors proposer son propre blog n’est pas interdit mais c’est pas tout à fait l’esprit de ce jeu-concours… Je rappelle par ailleurs que la série d’interviews de blogueurs concerne tout particulièrement des expatriés qui ont pu vivre durant une certaine durée dans un pays ou une ville donnée. Un petit effort !!
26 avr
ClémentGrande Bretagne, Interviews d'expatriés
Pour vous accompagner lors de votre prochaine escapade à Londres et compléter la section d’interviews de blogueurs expatriés du Blog Bouts Du Monde, j’ai le plaisir d’accueillir Coralie du blog Tea Time in Wonderland !

J’ai découvert Coralie est ses nombreux écrits d’abord via son blog, Tea Time in Wonderland, sachant qu’elle écrit également dans la section dédiée à Londres sur le petit journal. J’ai adoré le titre du blog qui n’est pas sans évoquer le charme déluré de la capitale de la Grande Bretagne comme la célèbre aventure d’Alice au pays des merveilles. J’ai ensuite découvert un regard décalé sur la vie londonienne et une foule de bonnes petites adresses ! Autant de bonnes raisons de vous présenter ce blog et d’inviter Coralie à répondre au questionnaire de Bernard Pivot, adapté à l’univers du voyage…
Avant de commencer le questionnaire proprement dit, est-ce que tu peux présenter ton blog en quelques mots ?
Je le souhaitais d’abord carnet de notes perso, une façon facile d’organiser mes idées, de ne plus perdre mes petites adresses londoniennes. Au fil des commentaires, il est devenu une parenthèse, une autre façon de découvrir Londres au delà des guides trop touristiques… On y trouve donc des détails historiques, des adresses gourmandes, des ballades et chaque jeudi, un agenda regroupant des idées pour le week-end à venir.
1. Ton mot préféré ?
« Duck ». Sur les marchés, dans les magasins, les commerçants utilisent facilement des petits mots affectifs, qu’il vous connaissent ou pas. Puisque You ne différencie pas vous/tu, le contact est plus doux. Rien ne fait plus plaisir que d’être appelé Love, darling, sweetheart… Un sacré rayon de soleil!
2. Le mot que tu détestes ?
« Breakfast tea? ». Curieusement, dans ce pays censé être celui du thé, le choix se réduit généralement à basique, Darjeeling, Eal Grey ou Assam. Bizarrement, en fin du dîner dans un restaurant, la serveuse propose presque toujours le Breakfast… une légère contradiction !
3. Un détail qui te mets particulièrement en joie, t’amuses ?
La mode, très libre en Angleterre. Tous les assortiments, tous les styles improbables sont permis, pas un britannique ne lèvera le sourcil. On croise donc parfois des collants à rayures avec des mocassins léopards, des jupes néons avec des vestes en fourrure. Toujours créatifs, souvent très drôle… Ne manquez pas non plus les vendredis et samedis soirs les enterrements de vie de jeunes filles vers Covent Garden et Soho. La thématique rose perchée sur hauts talons vaut le détour !
4. Un détail qui te démotives, t’agace, te déplait ?
La capacité des Anglaises à n’avoir jamais froid en hiver. Elle sont capables de se promener sans manteau par tous les temps et sont en T-shirt au moindre rayon de soleil… Frileuse, je me sens très bibendum à côté d’elles !
5. Le son, le bruit que tu aimes ?
Celui des clinquements des verres de Pimm’s, de pintes de bière entr’amis aux beaux jours. Les pubs, pris d’assault (NLDR : assaut en français
), déversent les clients sur les trottoirs alentours, rajoutant une alliance festive aux coins de rue…
6. Le son, le bruit que tu détestes ?
Londres a ses vélibs, appelés ici Barclay’s bikes (d’après le sponsor) ou Boris’ bikes (le maire de la ville qui a …). Rien ne m’énerve plus que la sonnette de ces vélos, encore à 10 mètres de vous, prévenant qu’il est temps de déguerpir de leur chemin !
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
Jesus Christ on a raft ! (Jesus Christ sur un radeau). Personne n’en connait l’origine mais l’image fait toujours sourire…
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Pourquoi pas de parfaits inconnus ? Après tout, les plus braves ne sont pas les plus célèbres. J’admire particulièrement les membres de l’Unseen Tour, une association travaillant avec des SDFs. Ces derniers font visiter quelques quartiers dont ils connaissent les détails historiques et économiques par coeur. Une autre façon de découvrir la ville et un côté très humain.
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Gardienne de musée… Pour profiter des plus belles collections à la nuit tombée. Certains, comme le British Museum et le Natural Science Museum propose aux enfants de venir y dormir, contes et activités à l’appui. Quel rêve !
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Garde de la Reine. Rester sans bouger, sous ce bonnet en fausse fourrure d’ours qui pèse 5 kilos, quelle défi ! Je ne saurai jamais non plus rester de marbre auprès du défilé de touristes posant pour des photos à vos côtés et tentant mille grimaces pour vous faire craquer. Je n’ai jamais réussi à déterminer s’il s’agissant d’un honneur ou d’une punition…
Merci donc à Coralie pour sa participation en espérant que ces quelques détails de la vie quotidienne à Londres vous donneront envie de découvrir la capitale britannique (maintenant que la saison des mariages est terminée) et de suivre le blog Tea Time in Wonderland !
22 mar
ClémentInterviews d'expatriés
Déjà plusieurs interviews d’expatriés / blogueurs et place maintenant à un nouveau continent ! J’accueille pour le mois de mars Marjorie du blog 10 mois au Burkina qui met l’Afrique à l’honneur !
J’ai découvert le blog De Marjorie suite à une de ses visites sur le Blog Bouts Du Monde et je me suis plongé dans ces écrits, ses photos, ses descriptions d’un pays que je connais mal et qui pourtant m’attire de plus en plus. Pour tout vous dire et comme je l’ai avoué à Marjorie, je ne suis pas très attiré par l’Afrique noire et petit à petit, je me fais à l’idée que tous ces pays et le Burkina Faso en particulier ont tellement à offrir, pour peu que l’on soit prêt à recevoir…
Je vous laisse donc découvrir ce portrait du Burkina Faso par Marjorie, plein d’humour et de détails de la vie quotidienne ! Merci à elle pour sa participation !

Avant de commencer le questionnaire proprement dit, est-ce que tu peux présenter ton blog en quelques mots ?
J’ai commencé mon blog en décembre 2010, à mon retour d’un voyage dans le Nord du Burkina, au Sahel, une région qui m’a ensorcelée. J’ai écrit quelques textes à mon retour, sur mes impressions de voyage et je souhaitais les partager, ainsi que des photos.
Bien sûr, le blog ne m’aurait pas semblé complet sans des articles pratiques, que j’espère utiles à mes lecteurs ! J’espère donner aussi une image plus positive de ce pays, car il faut le reconnaître, souvent les pays africains n’ont pas très bonne presse (et c’est un euphémisme pour le Mali).
Récemment, je me suis lancé dans l’écriture de petits articles pour faire connaître des films ou livres sur l’Afrique.
1. Ton mot préféré ?
« Yel kaé » qui signifie « y’a pas de problème » en mooré. Le mooré est la langue parlée par les Mossis, majoritaires sur le plateau central. On dit qu’un Mossi, même la corde au cou répondra toujours « Yel kaé » ou « laafi » (la santé). Même si les Burkinabé mènent une vie très dure, ils gardent le sourire, et ne s’étalent pas sur leurs problèmes.
2. Le mot que tu détestes ?
Le même, selon les circonstances. C’est parfois très agaçant de se l’entendre dire, alors que dans notre vision occidentale, si ! Manifestement, il y a un problème!
3. Un détail qui te mets particulièrement en joie, t’amuses ?
Les noms des maquis (petits restos) : « l’amitié », « la justice », même « le petit coin », et il y a quelques mois nous sommes allés « Chez Aïcha, KTV, chansons chinoises, mélodies orientales », en fait un karaoké.
4. Un détail qui te démotives, t’agaces, te déplait ?
Aller dans un maquis, commander un plat et apprendre 15 minutes plus tard que non, il n’y en a plus, et que d’ailleurs, il n’y a plus « ça », « ça » et « ça ». Pour finir, se retrouver devant un plat de « riz sauce »…
5. Le son, le bruit que tu aimes ?
L’appel à la prière. Près de chez moi, il est mélodieux. Cela rythme la journée. Le Burkina a un islam très tolérant. Chrétiens et musulmans s’invitent mutuellement pour leurs fêtes religieuses. Ils se marient entre eux. C’est très reposant.
6. Le son, le bruit que tu détestes ?
Les affreux klaxons des camions chargés qui roulent beaucoup trop vite.
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
Les Burkinabés sont très polis ! Je n’ai jamais entendu dire un juron. Ici, on garde son self contrôle.
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Thomas Sankara, un président révolutionnaire. Il est comparé d’ailleurs à Che Gevara, et non sans raison.
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Un métier d’ici qui me plairait…. Vendeuse de pagnes, je crois. Ainsi je pourrais connaître mieux les noms des différents pagnes (« gazon », « c’est l’moment », « fille du jardinier », « natte »…) et leurs qualités (wax, super wax, wax block, hi-target…). C’est le paradis des filles qui aiment se faire des vêtements. Tissus et pagnes sont bon marché. Les femmes burkinabés sont d’une grande élégance et très coquettes!
Sinon, ethnologue. Les traditions sont ici encore bien vivantes dans les villages et c’est un univers passionnant.
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Vendeur de grillades. Les vendeurs de grillades (brochettes, poulets, moutons, … souvent délicieux, d’ailleurs) sont installés près des maquis. A leur côté, il y a souvent une petite cage de poulets qui se font égorger au fur et à mesure des commandes (pas sous les yeux des clients quand même) … Et puis, la saison chaude est trèèès chaude (45°), je n’imagine pas comment ils peuvent tenir devant leur barbecue enfumé !
Allez donc jeter un oeil au blog de Marjorie et découvrez de nombreuses ressources pour découvrir le Burkina Faso ! Et pour tous ceux qui veulent avoir un petit air d’Afrique, je vous invite à écouter l’excellente émission l’Afrique enchantée sur France Inter tous les dimanches à 17h05 ! Remède garanti contre le blues du dimanche soir !
15 fév
ClémentChine, Interviews d'expatriés
Aujourd’hui, pour continuer sur la lancée des interviews de blogueurs voyageurs, je reçois dans ces colonnes Aurélie du blog Vues de Chine. Aurélie blogue depuis un petit moment et nous fait découvrir sa vie quotidienne en Chine à travers de petites notes simples et toujours justes : des portraits, des bonnes adresses, des rencontres, des anecdotes. C’est tout cela qui m’a donné envie de vous faire découvrir ce carnet…
On sent à travers ses réponses au questionnaire de Pivot que la Chine est un pays déroutant pour nous petits occidentaux. mais quelque part, elle a su prendre le contre pied de ce changement pour mieux s’y adapter et le faire sien, s’y fondre et de se l’approprier. Un très beau voyage au final…

Donc avant de commencer le questionnaire proprement dit, est-ce que tu peux présenter ton blog en quelques mots ?
Je m’appelle Aurélie, je vis et travaille en Chine depuis juin 2009. Je voyage dans ces contrées et m’intéresse à ce pays depuis 2005, et tiens mon blog Vues de Chine depuis mars 2009.
Ma passion pour les voyages remonte à très longtemps : je suis amoureuse des voyages et des rencontres qui vont avec depuis aussi longtemps que j’ai des souvenirs… Sur Vues de Cine, je parle de ma vie quotidienne et mes voyages en Chine, et parfois au-delà. J’essaie de toujours porter un regard curieux, positif et constructif sur mon pays d’accueil !
1. Ton mot préféré ?
Apprendre (学习 – xué xí). Apprendre sur le monde, sur les gens et les cultures, mais aussi sur soi… Suivi de près par échanger (交流 jiāo liú) : échanger des idées, des points de vue, des manières de voir le monde…
2. Le mot que tu détestes ?
Juger. Vivre en Chine m’a appris qu’il faut toujours essayer de comprendre avant de juger. Ça s’applique particulièrement pour des cultures radicalement différentes des nôtres, où les différences culturelles sont sources de beaucoup de mécompréhensions…
Et puis il y a Peur aussi que je hais. La peur nous empêche de faire tant de choses…
3. Un détail qui te met particulièrement en joie, t’amuses ?
La spontanéité et la bonne humeur des Chinois. Ils sont très directs et décomplexés et n’hésitent pas à dire ce qu’ils pensent. Comme la fois où je me suis fait couper les cheveux : une de mes voisines m’a tout simplement dit que ça ne m’allait pas et que j’avais l’air d’avoir 40ans (j’en avais 26) !
Mais c’est aussi très souvent dans le bon sens : en tant qu’étrangère, ils n’hésitent pas à venir me voir, me poser des questions et me flattent systématiquement dès que je parle en chinois… La discussion prend toujours facilement avec les Chinois, dans le taxi, dans le bus, dans la rue… !
4. Un détail qui te démotive, t’agace, te déplait ?
La ribambelle de langues parlées en Chine. Déjà qu’apprendre le mandarin n’est pas aisé, quand on change de région, on se rend compte que la langue (ou le dialecte) local (qui peut être parlé par des millions d’habitants comme à Canton) supplante le chinois, et parfois des gens ne comprennent même pas le mandarin. Assez désespérant pour quelqu’un qui apprend le chinois !
5. Le son, le bruit que tu aimes ?
Le chant des oiseaux… même dans une mégapole comme Shanghai on en attend beaucoup car les Chinois ont des oiseaux en cage pour animal de compagnie ! Même si je les préfère en liberté, c’est toujours un plaisir de les entendre chanter !
6. Le son, le bruit que tu détestes ?
Vous voulez vraiment savoir ? Le bruit du crachat très (trop !) courant par ici… dans la pensée chinoise ce genre d’impureté est mieux en dehors du corps que dedans, le problème c’est pour les gens autour !
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
Je n’en dis pas (ou du moins j’essaie!), désolée, et du coup je n’en ai pas retenu en chinois non plus !
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Un Mingong, ou paysan venu des campagnes pour gagner sa vie dans les grandes villes : c’est eux qui bâtissent les villes modernes, qui travaillent dans les usines, bref la clé du Miracle économique chinois !
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Je m’écarte un peu de la Chine, pour être plus générale : Ecrivain-voyageur ! Pouvoir passer ma vie à voyager, de pays en pays, de culture en culture, partager et témoigner à ce propos !
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Je reviens en Chine : chiffonnier. Ils sont très nombreux à Shanghai, à traverser la ville sur leur vélo à 3 roues. Ils travaillent toute l’année, dorment souvent dehors, ne sont ni reconnus ni respectés…
Merci encore à Aurélie de s’être prêtée au jeu. Je vous encourage à lui rendre visite et la suivre régulièrement ! Et vous, qu’auriez-vous répondu à ces questions par rapport à un pays que vous avez visite ? La Chine peut être ?
10 jan
ClémentInde, Interviews d'expatriés
Nouvelle entrée dans la rubrique des interviews de blogueurs lancées avec Fabrice d’Instinct Voyageur et poursuivie avec Mademoiselle Istanbul ! Je continue donc avec le questionnaire de Bernard Pivot, cette fois-ci soumis à Geoffroy et Olivia du blog India Blog Note.
J’ai choisi de contacter Geoffroy et Olivia pour leur blog que j’ai découvert il y’a déjà longtemps. En effet, Geoffroy et Olivia maintiennent une fenêtre ouverte sur l’Inde, depuis mai 2008, à un rythme de publication effréné. Une fois de plus, on voit transparaitre quelques détails de la vie quotidienne en Inde, au travers des quelques questions qui suivent… Visiblement, vaut mieux ne pas être trop à cheval sur les horaires…

India Blog Note, c’est quoi en quelques mots ?
Nous sommes en Inde, à Bombay, depuis deux ans et demi et nous avons démarré ce blog en arrivant car on voulait partager notre découverte de ce pays.
Le blog est très varié : on explique l’Inde, ce grand pays aussi fascinant que paradoxal, et on l’aborde sous différents angles : vie pratique, culture, histoire, vie quotidienne, films, livres, actualités, personnalités indiennes contemporaines, relation Inde-France, emblèmes et portraits de l’Inde, tourisme, billets d’humeur.. L’Inde n’est pas un pays qui se laisse facilement comprendre et c’est comme un grand puzzle géant dont nous cherchons à assembler les pièces…
Nos lecteurs apprécient la diversité des sujets. Le blog marche bien et nous avons environ 250/270 lecteurs quotidiens. Ce blog nous a permis aussi d’établir beaucoup de contacts et nous recevons beaucoup de mails qui nous demandent des informations, surtout de la part de personnes appelées à venir travailler en Inde.
Il nous oblige aussi à maintenir éveillée notre curiosité et à approfondir les sujets. Depuis le début, sauf pendant les vacances, nous publions un article par jour…
Voilà, c’est tout cela India Blog Note…
1. Votre mot préféré ?
Namaskar (NDLR : नमस्कार / Bonjour) , car là au moins j’ai le bref sentiment de parler hindi.
2. Le mot que vous détestez ?
« it will take some time » : si fréquemment entendu en Inde et signifie une durée incommensurable…
3. Un détail qui te mets particulièrement en joie, t’amuses ?
Le serveur du restaurant dans lequel je ne suis pas allé depuis 3 mois et qui se souvient parfaitement du menu commandé 3 mois auparavant.
4. Un détail qui vous démotive, vous agace, vous déplait ?
Les rendez-vous changés à la dernière minute, ou l’invitation à un cocktail reçu le lendemain de l’événement…
5. Le son, le bruit que vous aimez ?
Les vieux instruments à cordes indiens.
6. Le son, le bruit que vous détestez ?
le bruit des conversations dans les restaurants indiens.
7. Le juron, gros mot ou blasphème favori ?
La palette est large lorsque nous sommes dans les embouteillages de Bombay.
8. L’homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Tagore, poète, philosophe, écrivain artiste indien, premier et seul indien à avoir reçu le Prix Nobel de la Littérature.
9. Le métier que tu voudrais faire ?
Si nous étions indiens, sans doute aurions-nous aimé être photographes car l’Inde est un pays très photogénique et qu’il y a mille endroits magnifiques à photographier. Un autre métier que nous aurions aimé exercer ici est celui de fashion-designer ; les créateurs de mode indiens ont beaucoup de talent !
10. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Politicien, car ici la plupart des politiciens sont aussi médiocres que corrompus…
Et vous que retenez-vous de l’Inde ? Quels sont les détails qui vous ont marqué, quelles réponses auriez-vous donné à ces questions ?
Inde voyage organise votre séjour pour des vacances d’exception et une expérience de voyage unique en Inde, Sri Lanka et Népal, Rajasthan, Cochin et Kerala…
* Crédit Photo Image After.
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